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-La Nature, regarde ce à quoi elle arrive, la Nature, lorsqu'elle se dépasse : la beauté. Une rose, c'est beau. Dix roses, c'est cher. Cent roses, c'est ennuyeux. Mille roses, tu repères le truc, l'imposture éclate : la Nature n'a aucune imagination. Il m'est arrivé un jour de me trouver devant un champ de roses, oui, oui, un champ entier, des roses à perte de vue : c'est une épreuve épouvantable pour qui aurait gardé la moindre estime pour le talent d'artiste qu'on prête à la Nature. Nul! De l'art industriel! De la reproduction mécanique! Tous les défauts se soulignent : la monotonie, la croyance en de vieilles recettes, la routine, l'incapacité totale à se renouveler. Regarde tes frères et suppose-les plus nombreux.
Observe la pénurie de moyens : la peau rose, des lèvres rouges, l'iris bleu et les cheveux blonds... C'est confondant de médiocrité, pour un coloriste.
Observe l'obsession maladroite de la symétrie : deux épaules, deux bras, deux mains, deux jambes, deux pieds... C'est d'une paresse totale, pour un sculpteur.
Observe les pauvres échappées hors de la symétrie : le nez, la bouche, le nombril, le sexe, toujours au milieu, bien au milieu, et d'un seul trait... C'est d'une médiocrité consternante, pour un dessinateur.
Moi, je ne mange pas de ce pain-là.
J'innove. Je transcende.
J'ouvre une voie.
Sans moi, l'humanité ne serait pas ce qu'elle est.
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